Manuscrit du XIVe siècle (Londres)
L’otium, littéralement l’oisiveté, renvoie à une notion fondamentale de l’humanisme classique parce qu’est désignée par ce mot une condition nécessaire de la vie de l’esprit. Le loisir studieux s’oppose au negotium – cet affairement qui caractérise notre existence lorsqu’elle est prise dans les filets de la recherche du gain, du profit et de l’utile. L’otium est ce temps libre non soumis aux nécessités de la vie, temps disponible pour se consacrer à l’étude, à la réflexion, à la méditation. Or, ce temps de la libre disposition de soi requiert avant tout calme, tranquillité, repos. Ce temps libre libère l’âme dans l’exacte mesure où il devient celui de la vie de l’esprit menée pour elle-même et non pas en vue d’une autre fin du genre : avoir de la considération, exercer de l’influence ou jouir de privilèges… Pour rendre les connotations du mot de otium, nous trouvons chez les bons auteurs des locutions expressives comme « loisir lettré » ou « tranquillité studieuse ». Continuer la lecture









