Pour les esprits curieux

Presses de l’Université de Montréal, 2004

Sans qu’il y ait lieu de parler d’une école, bien que ces divers penseurs semblent partager un certain nombre de principes essentiels, la philosophie d’expression française, celle des Jean Grondin, Jean-Luc Marion, Rémi Brague et quelques autres, a pris dans les dernières décennies un nouvel essor et, grâce à des traductions en plusieurs langues, rayonne dans les cinq continents. Les travaux de ces patients érudits et créateurs en métaphysique, phénoménologie, herméneutique et philosophie de la religion permettent à ceux  qui s’intéressent à ces questions de prendre connaissance de ce que la philosophie d’aujourd’hui offre peut-être de plus intéressant. Je veux dire par là que le lecteur retirera un énorme profit, s’il prend le temps d’étudier les auteurs de ce courant.

Jean Grondin, professeur à l’Université de Montréal, s’est donné la peine de produire un site qui a le considérable avantage d’offir au public cultivé de nombreux textes téléchargeables du plus vif intérêt.

 L’adresse du site est la suivante : http://jeangrondin.wordpress.com/

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Rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta L.)

Parc national de la Mauricie (été 2010)

« Plante bisannuelle ou annuelle, hispide dans toutes ses parties ; tige (long. 30-100 cm.) ; feuilles entières ou presque ; capitules (diam. 5-10 cm.) peu nombreux, à 10-20 rayons jaunes ou orangés. Floraison estivale. Partout dans les lieux cultivés. Introduite de l’Ouest. Aujourd’hui répandue aussi loin que va la culture, cette espèce était inconnue dans le nord-est de l’Amérique jusqu’à 1830, et elle semble avoir été introduite depuis ce temps avec la graine de Trèfle rouge venue de l’Ouest. Cependant, elle paraît indigène sur la côte de l’Atlantique, depuis la Pennsylvanie vers le sud. […] On peut désigner plus exactement notre plante comme R. hirta var. pulcherrima Farw. » Frère Marie-Victorin, Flore laurentienne, 1964, p. 593.  Continuer la lecture

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Vesce jargeau (Vicia cracca L.)

Pointe de Yamachiche (été 2010)

« Vicia cracca Linné. Nom latin classique des vesces, venant de vincio : je m’attache, allusion aux vrilles de ces plantes ; cracca : nom latin donné au jargeau par Ravinius (botaniste prélinnéen, 1652-1723) et repris par Linné pour désigner cette espèce de vesce. L’origine et la signification de cracca sont incertaines : nom utilisé par Pline pour désigner la vesce jargeau (ou une espèce voisine) ou les graines de cette plante ; peut-être une forme altérée de arachus, ancien nom de la plante, venant lui-même du grec arachos, désignant une sorte de gesse (Lathyrus) ou de pois chiche (Cicer). » Guide d’identification Fleurbec, Plantes sauvages des villes et des champs, t. I, p. 114.

 « Plante vivace à tiges (long. 50-200cm.) grimpant sur les autres herbes des prairies ; feuilles sessiles munies de vrilles rameuses ; folioles (long. 16-20 mm.) linéaires-oblongues ou linéaires ; stipules semi-sagittées, entières ; fleurs bleues ou violettes, nombreuses, s’ouvrant successivement de bas en haut, en grappes rarement plus courtes que les feuilles ; gousses (long. 25-55 mm.) linéaires oblongues, noirâtres à la maturité, contenant 5-8 graines. Floraison tout l’été. » Frère Marie-Victorin, Flore laurentienne, 1964, p. 349.

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Épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium L.)

Pointe-du-Lac (été 2010)

« Les paysages laurentiens, — qui malheureusement sont si souvent modelés par les feux de forêts, — n’ont rien de plus caractéristique que le grand développement de l’Épilobe à feuilles étroites. En plein été, toutes les étendues découvertes et incultes sont animées par la riche couleur magenta des innombrables inflorescences, qu’accompagne en cette saison la blancheur également ubiquiste des Anaphales. […] La vie de la fleur individuelle dure environ  48 heures. Le premier jour, pendant que le style, recourbé en arrière, n’est pas encore réceptif, les anthères s’ouvrent et le pollen est porté par les insectes sur d’autres fleurs. Le second jour, le style s’est allongé et redressé, et il reçoit le pollen des fleurs plus jeunes. On voit que la fleur est protérandre à un degré qui interdit l’autofécondation. Les principaux visiteurs sont les Bourdons, qui dorment souvent sur les fleurs durant la nuit. » Frère Marie-Victorin, Flore laurentienne, 1964, p. 370.

 « Elle défile comme une cascade colorée, composée de longues grappes allongées, ornée de fleurs à carnation magenta, qui contraste avec la blancheur des grands stigmates. Ses feuilles alternes, lancéolées, s’amenuisent vers le sommet et leur endos est plus pâle. Le tube calicinal des fleurs retient les pétales décorés d’étamines. » Lise et Pierre Daigle, Les fleurs sauvages du Québec, Broquet.

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Épilobe glanduleux (Epilobium glandulosum Lehm)

Parc de la rivière Batiscan (été 2010)

Autour de la région du golfe Saint-Laurent, on peut trouver environ 160 espèces d’épilobes. La photographie ci-haut représente, je crois, un épilobe glanduleux, mais je n’en suis pas certain. Le frère Marie-Victorin précise d’ailleurs qu’il s’agit là d’une « espèce complexe qui est en réalité un groupe de formes étroitement apparentées. » (Flore laurentienne, 1964, p. 372) Particularité commune à tous les épilobes : le pistil se divise en quatre spirales à son extrémité.

 « Cette grande vivace de 30 à 100 cm habite les lieux légèrement humides, parfois à l’orée d’un bois, le long des ruisseaux ou des fossés. La tige est parfois teintée de rouge et les feuilles oblongues sont légèrement dentées. […] On remarque sur chacun des quatre pétales une petite incision. Les petites fleurs sont situées au bout de longs réceptacles qui deviendront des capsules allongées contenant les graines. En fin de saison, les capsules s’ouvrent en cinq sections et laissent s’envoler les graines à aigrettes blanches. » Julie Boudreau et Michel Sokolyk, Fleurs sauvages du Québec.

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Lis du Canada (Lilium canadense)

Pointe de Yamachiche (juillet 2010)

La beauté, l’étrangeté de ces lis offusquent le regard : contrairement à la plupart des fleurs qui, tel le feu, pointent vers le haut, celles-ci, à l’image de la terre dont elles sont issues, s’éploient vers le bas. Les éléments, le devenir, l’espace : comment le promeneur, placé là dans la nature, peut-il ne pas se perdre dans une délicieuse rêverie ? En juillet, en bordure du sentier qui mène à la Pointe de Yamachiche – ce paradis des ornithologues – elles font une brève apparition.

 « Les fleurs jaunes ou orange, colorées par une pigmentation brune très apparente, sont inclinées au sommet de longs pédoncules. On peut comparer les étamines à des gros grelots de velours. Des feuilles lancéolées à nervures apparentes à l’endos, sont disposées en verticilles autour de la tige. » L. et P. Daigle, Les Fleurs sauvages du Québec. Continuer la lecture

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Le parler vrai de l’écrivant

François Taillandier, romancier et essayiste, a signé un remarquable ouvrage sur la question de la langue intitulé La langue française au défi (Flammarion, 2009) : l’édition originale, parue en 2004, portait le titre plus expressif Une autre langue. L’auteur constate sans amertume que le français classique a cessé d’être une valeur forte dans la culture actuelle, en cherche les causes historiques et politiques, propose une défense et une illustration de cette langue devenue morte ou presque, et, enfin, expose ses idées sur les aspects de la tradition littéraire qui méritent d’être conservés.

D’entrée, il faut souligner l’aisance et la grâce avec lesquelles l’homme de lettres aborde cette matière à controverse. En effet, la question de notre rapport à la langue soulève les passions dès lors qu’elle touche à nos convictions esthétiques et politiques les plus profondes. Taillandier conserve toujours le calme propre à la méditation, ce qui ne l’empêche pas de manier l’humour et l’ironie avec beaucoup d’adresse. Continuer la lecture

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Parution/parturition de la forme

G.B., Pomme (crayon noir et blanc), 2010

La pratique amateur d’un art a toujours fait partie intégrante du cursus de l’humanisme classique. Il faut redécouvrir par soi-même la vérité de ce principe éducatif si l’on désire en comprendre la nécessité. Pour le philosophe qui cherche à saisir la réalité du réel à partir de la notion de forme (idea/eidos), le dessin permet de faire des expériences favorables à la méditation. Regardez une pomme, vous ne verrez aucune hachure. Comment ce fatras, ce fouillis de traits, lors de l’exécution rapide du dessin plus haut, a-t-il pu se mettre à représenter un fruit et, ce, de façon soudaine et imprévisible ? Il y a eu, à coup sûr, incidence d’une forme — cherchée certes –, mais non pas produite de manière exercée, car l’amateur ne possède la maîtrise de ses moyens.  La forme est apparue, a été mise au monde, semble-t-il, grâce à autre chose que des hachures tracées par un crayon maladroit.

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L’esprit de la métaphysique après Heidegger et Derrida

Toutes affaires cessantes, il faut se plonger dans l’étude du dernier livre de Pierre Aubenque intitulé Faut-il déconstruire la métaphysique ? (PUF, 2009). Il faut le lire cet ouvrage du très grand spécialiste d’Aristote pour une raison éminemment pratique : notre monde est le produit du travail souterrain de la métaphysique dans l’histoire : « Nous vivons aujourd’hui les effets négatifs et destructeurs de la métaphysique de la subjectivité, elle-même héritière de la métaphysique grecque. La métaphysique est responsable de la réduction de l’être à l’étant, de l’étantité à la représentabilité, de celle-ci à la calculabilité et à son corollaire, la disponibilité technique. Nous vivons aujourd’hui dans notre chair, à travers la domination planétaire des modes de pensée scientifico-techniques, l’oubli de l’être et ses conséquences : la perte du sens de la nature, la destruction de notre environnement vital, de notre Lebenswelt, et finalement la déshumanisation de l’homme en nous. » (p. 56-57)

Sans aucune restriction, Pierre Aubenque souscrit à la lecture déconstructive de l’histoire de la métaphysique faite par Heidegger, il fait sienne la thèse selon laquelle l’être n’est pas pensé pour lui-même, mais est rabattu sur un Étant suprême . Et à ceux qui prétendent que les idées du penseur de l’être ne sont pas falsifiables, l’auteur du Problème de l’être chez Aristote n’a pas de peine à montrer que, de manière tout à fait indépendante, Étienne Gilson s’accorde avec cette lecture, car selon lui la métaphysique rate l’existence en la réduisant à l’essence. Faut-il déconstruire la métaphysique ? Oui, si le sens de l’être ou de l’existence nous préoccupe encore et si nous ne voulons pas traîner dans les ornières de la tradition. Ce petit livre, qui ne fait pas 100 pages, est trop riche en idées pour en donner ici ne serait-ce qu’un aperçu. Comprenons : il s’agit d’un ouvrage si utile qu’il faut l’apprendre par coeur. De manière impressionniste donc, voici quelques thèmes ayant retenu de prime abord mon attention. Continuer la lecture

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Épervière de Kalm (Hieracium canadense)

Marais Léon-Provancher (automne 2009)

Dans les guides d’identification consultés, on précise que les espèces du genre Hieracium sont si nombreuses, que même les botanistes avertis en perdent leur latin.  En me fiant à une photographie assez ressemblante trouvée dans le beau livre de Lise et Pierre Daigle, Les fleurs sauvages du Québec (Broquet, tome 2, p. 218),  je crois bien qu’il s’agit d’une épervière de Kalm, mais rien n’est moins sûr. Dans la Flore laurentienne, ouvrage classique s’il en est, le frère Marie-Victorin apporte d’utiles précisions : Continuer la lecture

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