Albrecht Dürer, Melencolia I (1514)
Dans la doxa médiatique actuelle, qui est également celle d’un peu tout le monde, la nostalgie présente deux visages contradictoires : d’un côté, ce sentiment ressortit à la tendance naturelle qui nous pousse à chérir le passé, en particulier l’enfance, surtout si elle a été heureuse ; d’un autre côté, le nostalgique a mauvaise presse, car il incarne le refus obstiné du temps et de la nouveauté, l’attachement illusoire à un passé révolu et idéalisé, le retour compulsif à ce qui est mort. Tantôt le mot de nostalgie est lancé comme un injure à la face des critiques de la modernité tardive, tantôt il sert d’hameçon dans les réclames publicitaires. Or, il existe un remède à l’intoxication induite par les médias : la fréquentation des bons auteurs. Les bons auteurs parlent vrai, car ils se situent d’emblée sur un tout autre plan que celui des idéologies à la mode ; voilà pourquoi il est salutaire d’écouter ce qu’ils ont à dire.
Au hasard de mes lectures, je suis tombé sur trois de ces bons auteurs venus d’horizons de pensée ou d’époques différents. Les commentaires de ma part seraient superfétatoires. Il suffit de lire ces quelques citations pour tout simplement comprendre un peu mieux ce que signifie la nostalgie dans notre existence. Continuer la lecture









