Scintillation de l’être et du non-être au cœur de l’instant
Hic et nunc : ici, maintenant, sur le champ, à l’instant même. Sans délai – le temps presse – penchons-nous sur ce nunc, cette pointe du présent qui surgit de nulle part, se renouvelle sans cesse, et se dérobe à nos regards.
La raison arraisonnante conçoit le moment présent comme un très petit espace – un point sans épaisseur – sur la ligne du temps. Ces métaphores spatialisantes font obstacle à une juste compréhension de l’ontologie de l’instant, de son mode d’être sui generis. L’entendement fini, rivé à des représentations dans lesquelles, à des fins de calcul et de maîtrise, les choses n’étalent que leur surface, ne voit pas que le nunc menace d’anéantir notre image de la temporalité.
Rendons d’abord à ce moment le plus bref sa véritable nature temporelle, celle d’une réalité qui s’écoule, et voilà que la métaphore spatiale éclate et qu’un épais mystère soudain nous environne. Cette durée qui n’a et ne peut avoir elle-même aucune durée, comment est-il possible qu’elle soit si elle ne s’établit d’aucune façon dans la perdurance ? (Lire la suite…)