(Baie-du-Febvre, 25 avril 2009)
25 avril 2009
À mes lecteurs de par le vaste monde : des oies des neiges de plus près
19 avril 2009
Une très belle histoire de l’idée de nature
August Macke, Felsige Landschaft (Paysage rocheux), 1914
Ébloui par l’érudition insondable de l’historien, par la noble intelligence du philosophe, par l’ingénieux art d’écrire du poète, le lecteur du Voile d’Isis de Pierre Hadot (Folio, Essais, no 552), une fois rendu à la fin de ce fort ouvrage de 515 pages, s’abandonne à la tristesse. « L’histoire, et quelle histoire incroyable, est déjà finie ? Mais ce n’est pas possible, je ne veux pas, même s’il le faut, quitter cet état de rêverie et revenir à la dure réalité des affaires ; cher professeur, parlez, parlez encore, je souhaite tant vous entendre poursuivre ce si beau conte. » Le Voile d’Isis, par bonheur, apporte lui-même un remède à ce léger trouble de l’âme : il suffit d’en faire son livre de chevet et de le relire inlassablement, lentement.
Un premier thème abordé par l’auteur porte sur le célèbre aphorisme d’Héraclite : « La nature aime à se cacher. » (Phusis kruptesthai philei). Voici comment P. Hadot résume l’histoire des diverses interprétations de ces trois petits mots : ils avaient « successivement signifié que tout ce qui naît tend à mourir, que la nature est difficile à connaître, qu’elle s’enveloppe dans des formes sensibles et dans des mythes, qu’elle cache en elle des vertus occultes, mais tout aussi bien que l’Être est originellement dans un état de contraction et de non-déploiement, et, finalement, avec Heidegger, que l’Être dévoile en se voilant. Successivement, ces trois petits mots ont servi à expliquer les difficultés des sciences de la nature, à justifier l’exégèse allégorique des textes bibliques ou à défendre le paganisme, à critiquer la violence faite à la nature par la technique et la mécanisation du monde, à expliquer l’angoisse qu’inspire à l’homme moderne son être-au-monde » (p. 404). (Lire la suite…)
