Carnet de Guy Béliveau

1 juillet 2009

L’actualité de l’humanisme italien

Classé dans : Les livres — Mots-clés :, , , , — gbeliveau @ 16:38

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Vincenzo Foppa, Jeune Cicéron lisant, c. 1464

 Selon Cicéron, le propre de l’homme se trouve dans le langage, car seul parmi les êtres il est détenteur du logos. Pour cette raison, c’est l’orateur qui incarne l’homme accompli. Cette question du langage constitue peut-être le fil conducteur qui permet de saisir l’enjeu fondamental des divers débats philosophiques qui ont ponctué l’histoire de l’Italie du XIVe au XVIe siècle. C’est du moins ce qui ressort de la lecture du livre magnifique d’Eugenio Garin sur les penseurs de la Renaissance intitulé L’Humanisme italien (trad. par Sabina Crippa et Mario Andrea Limoni, Albin Michel, 2005 [1947]). Le grand spécialiste nous donne lui-même cette clef ; il écrit : « Dans la position de Nizolio refluait toute l’expérience de l’humanisme, et le sentiment que, si le monde humain convient à l’homme, reste encore à formuler une logique humaine, une logique de la conversation humaine et civile. De là vient que l’attention se tourne vers le langage comme manifestation exemplaire de l’humanité. » (p. 228) Il écrit encore, en parlant de La civile conversazione de Stefano Guazzo : « le principe et la fin de tout savoir est précisément ce dialogue humain [...], où non seulement notre âme se réveille et se trouve poussée à une recherche féconde. Mieux encore, l’humanité est cette conversation, ce parler, ce dialogue qui en soi résume tout le concret et le sens de la vie spirituelle » (p. 228-229). Comment ne pas voir, dans le monde déchiré qui est le nôtre, la brûlante actualité de ces penseurs italiens ? (Lire la suite…)

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