
Marais Léon-Provancher (automne 2009)
Dans les guides d’identification consultés, on précise que les espèces du genre Hieracium sont si nombreuses, que même les botanistes avertis en perdent leur latin. En me fiant à une photographie assez ressemblante trouvée dans le beau livre de Lise et Pierre Daigle, Les fleurs sauvages du Québec (Broquet, tome 2, p. 218), je crois bien qu’il s’agit d’une épervière de Kalm, mais rien n’est moins sûr. Dans la Flore laurentienne, ouvrage classique s’il en est, le frère Marie-Victorin apporte d’utiles précisions : (Lire la suite…)
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Marais Léon-Provancher (été 2009)
Le beau mois de septembre que nous connaissons permet de faire d’agréables randonnées dans la nature et de découvrir des fleurs sauvages splendides. Il pourrait s’agir ici de l’aster ponceau (Aster puniceus), mais je n’en suis pas certain. « On trouve des asters dans divers habitats selon l’espèce : prairies, rivages, tourbières, différents types de forêts, etc. Certains sont confinés à quelques localités bien précises [...] ; d’autres, comme l’aster ponceau (A. puniceus), sont très fréquents et se retrouvent jusqu’à la toundra. [...] L’est de l’Amérique du Nord constitue le lieu de prédilection dees asters et vraisemblablement leur berceau : ils y sont beaux, abondants et diversifiés. » Plantes sauvages des villes et des champs (Fleurbec).
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Sagittaire latifoliée
On peut aimer les fleurs en botaniste, on peut les aimer tout simplement parce qu’elles sont belles. De tout temps, poètes et philosophes ont admiré le monde et ses merveilles. Amour de la nature, poésie, philosophie, c’est tout un : le spectacle du beau engendre dans la partie noble de l’âme – celle qui se meut dans le discours – un intense désir de se replacer dans l’élan créateur de la nature. Ceux qui ont fait cette expérience reconnaîtront la vérité du mot de Diotime : « S’il est un temps de la vie entre tous où il vaille la peine de vivre, c’est bien celui où l’on commence à entrevoir la Beauté en soi. » (Le Banquet, 211d)
Pour Platon, c’est l’amour qui exhausse l’âme. Mais, il est difficile d’aimer.
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Parc de la rivière Batiscan (été 2008)
« Il existe environ deux cents espèces d’érigéron dans le monde. Les premières seraient apparues en Amérique du Nord et elles auraient envahi les autres continents en suivant les déplacements de l’homme et le défrichage. Les érigérons, qu’on nomme aussi vergerettes, ressemblent beaucoup aux asters. On les reconnaît à leurs capitules au centre toujours jaune et aux rayons plus fins et plus nombreux. L’érigéron de Philadelphie fleurit au printemps [ear en grec et gerôn, veillard]. Il est facile à distinguer grâce à ses capitules comprenant de cent à cent cinquante rayons roses ou pourpres et à ses feuilles dont la base embrasse la tige. » Estelle Lacoursière et Julie Therrien, Fleurs sauvages du Québec.
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Parc de la rivière Batiscan (été 2008)
Dans le guide Plantes sauvages des villes et des champs (Fleurbec), on trouve une note très intéressante : « Le mot grec entubon dériverait de Hendibah, localité de l’Asie mineure d’où la plante est originaire, ou de tubus : tube, allusion à la tige creuse. La chicorée sauvage est une plante horloge dont les fleurs s’ouvrent et se ferment chaque jour, sauf par temps couvert. Les fleurs ne conservent leur couleur bleue que peu de temps : une enzyme détruit la matière colorante et, en quelques heures, elles passent au rose, au blanc puis au brun. Elle est utilisée comme plante potagère depuis les Égyptiens (4 000 av. J.-C.). Les feuilles donnent un colorant bleu et la racine une teinture rosée pour le bois. Les apothicaires craignaient d’entreposer une grande quantité de chicorée sauvage en poudre parce qu’elle s’enflamme spontanément. Elle symbolise la frugalité. »
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Pointe de Yamachiche (été 2009)
Voici ce que dit le Guide d’identification Fleurbec au sujet de cette fleur magnifique : « Impatiens capensis Meerburgh. Du latin in, négation et patiens, allusion à l’éclatement du fruit mûr au moindre contact ; capensis, du français cap, on croyait à tort qu’elle s’introduisait, en Europe, à partir du Cap Bonne-Espérance (Afrique du Sud). Le nectar des fleurs attire les oiseaux-mouches. En plus de ses fleurs orangées, l’impatiente du cap produit des fleurs cléistogames (qui ne s’ouvrent pas), cachées à l’aisselle des feuilles supérieures, qui donnent aussi des capsules normales. [...] L’impatiente du cap soigne les affections mineures de l’herbe à puce. »

Pointe de Yamachiche (été 2009)
En grec hierax veut dire épervier ou faucon. Selon les Anciens, les faucons, pour obtenir une vue perçante, laissaient infuser la sève de cette plante dans leurs yeux.
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Parc de la Rivière Batiscan (été 2008)
Le nom latin, trouvé par Linné, vient de hierax, épervier ou faucon ; aurantiacium veut dire de couleur orangée, celle des fleurs bien sûr. Comme les Anciens croyaient que les faucons aiguisaient leur vue en utilisant le suc de cette plante, les médecins de cette époque s’en servaient pour soigner les yeux obscurcis par les pellicules blanches de la taie.
Autres noms vulgaires qui font rêver : bouquet rouge, boutique d’or, charbonnier lugubre, roi des champs, saint-louis…
Malgré la beauté éblouissante des fleurs, le Frère Marie-Victorin considère l’épervière orangée comme un fléau, car elle « a une pousse vigoureuse qui s’étend au moyen de courants, et qui mûrit une quantité considérable de graines aigrettées ; elle envahit les terrains qu’on ne peut plus labourer, ses feuilles prenant la place de l’herbe et ruinant les prairies et les paturages. »
Fléau pour le laboureur, mais trésor pour le contemplatif ! L’intensité de ses couleurs est si grande qu’on ne se lasse pas d’admirer cette fleur sauvage peu répandue, semble-t-il, en Mauricie.
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Parc de la Rivière Batiscan (été 2007)
La plante tire son nom de ce que les feuilles sont percées de trous visibles à contre-jour. Parmi les très nombreux noms vulgaires de cette vivace : chausse-diable, faux lin, fleur de notre-dame, herbe à mille trous, milperte, pertuisane, trascalan, truchereau !
« Les Québécois devraient connaître la symbolique du millepertuis commun : dédié à saint Jean-Baptiste et associé depuis longtemps aux fêtes du solstice d’été (21 juin) et aux feux de la Saint-Jean, il se révèle particulièrement nocif aux moutons fraîchement tondus… [...] Récoltée en Europe la veille de la Saint-Jean, cette plante de lumière, couleur du soleil, possédait des vertus surnaturelles : brûlée dans les feux de la fête, elle chassait le diable et les maladies ; gardée chez soi, elle éloignait le tonnerre ; sous forme d’huile ou d’autre préparation, elle guérissait presque toutes les maladies. Sa propriété, un peu magique, de colorer en rouge l’huile ou l’alcool, n’est sans doute pas étrangère aux superstitions. » Guide d’identification Fleurbec, Plantes sauvages des villes, des champs et en bordure des chemins.
En consultant ce genre d’ouvrage, nous parvenons souvent à identifier des plantes inconnues, mais pas toujours, surtout lorsque nos connaissances en botanique demeurent rudimentaires. Les biologistes et les amateurs éclairés parviendront sans doute à reconnaître de quelle plante il s’agit plus bas ; ils auront peut-être aussi remarqué des erreurs dans mes articles précédents. Puissent-ils avoir la gentillesse de m’en informer à l’adresse suivante : guy.beliveau@cegeptr.qc.ca

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