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	<title>Carnet de Guy Béliveau</title>
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	<description>Nature, philosophie, arts</description>
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		<title>Pour les esprits curieux</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2010 22:31:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
				<category><![CDATA[les idées]]></category>
		<category><![CDATA[herméneutique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Grondin]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Luc Marion]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie française]]></category>
		<category><![CDATA[Rémi Brague]]></category>

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		<description><![CDATA[Presses de l&#8217;Université de Montréal, 2004 Sans qu’il y ait lieu de parler d’une école, bien que ces divers penseurs semblent partager un certain nombre de principes essentiels, la philosophie d’expression française, celle des Jean Grondin, Jean-Luc Marion, Rémi Brague et &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/08/pour-les-esprits-curieux/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/grondin02.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1271" title="grondin02" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/grondin02-229x300.jpg" alt="" width="229" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Presses de l&#8217;Université de Montréal, 2004</p>
<p style="text-align: justify;">Sans qu’il y ait lieu de parler d’une école, bien que ces divers penseurs semblent partager un certain nombre de principes essentiels, la philosophie d’expression française, celle des Jean Grondin, Jean-Luc Marion, Rémi Brague et quelques autres, a pris dans les dernières décennies un nouvel essor et, grâce à des traductions en plusieurs langues, rayonne dans les cinq continents. Les travaux de ces patients érudits et créateurs en métaphysique, phénoménologie, herméneutique et philosophie de la religion permettent à ceux  qui s’intéressent à ces questions de prendre connaissance de ce que la philosophie d’aujourd’hui offre peut-être de plus <em>intéressant</em>. Je veux dire par là que le lecteur retirera un énorme profit, s’il prend le temps d’étudier les auteurs de ce courant.</p>
<p style="text-align: justify;">Jean Grondin, professeur à l’Université de Montréal, s’est donné la peine de produire un site qui a le considérable avantage d&#8217;offir au public cultivé de nombreux textes téléchargeables du plus vif intérêt.</p>
<p style="text-align: justify;"> L’adresse du site est la suivante : <a href="http://jeangrondin.wordpress.com/">http://jeangrondin.wordpress.com/</a></p>
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		<item>
		<title>Rudbeckie hérissée (Rudbeckia hirta L.)</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Aug 2010 22:49:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
				<category><![CDATA[les fleurs]]></category>
		<category><![CDATA[fleurs sauvages]]></category>
		<category><![CDATA[Rudbeckia hirta]]></category>
		<category><![CDATA[rudbeckie hérissée]]></category>

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		<description><![CDATA[Parc national de la Mauricie (été 2010) « Plante bisannuelle ou annuelle, hispide dans toutes ses parties ; tige (long. 30-100 cm.) ; feuilles entières ou presque ; capitules (diam. 5-10 cm.) peu nombreux, à 10-20 rayons jaunes ou orangés. Floraison &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/08/rudbeckie-herissee-rudbeckia-hirta-l/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/rudbeckie.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1259" title="rudbeckie" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/rudbeckie-239x300.jpg" alt="" width="239" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Parc national de la Mauricie (été 2010)</p>
<p style="text-align: justify;">« Plante bisannuelle ou annuelle, hispide dans toutes ses parties ; tige (long. 30-100 cm.) ; feuilles entières ou presque ; capitules (diam. 5-10 cm.) peu nombreux, à 10-20 rayons jaunes ou orangés. Floraison estivale. Partout dans les lieux cultivés. Introduite de l’Ouest. Aujourd’hui répandue aussi loin que va la culture, cette espèce était inconnue dans le nord-est de l’Amérique jusqu’à 1830, et elle semble avoir été introduite depuis ce temps avec la graine de Trèfle rouge venue de l’Ouest. Cependant, elle paraît indigène sur la côte de l’Atlantique, depuis la Pennsylvanie vers le sud. […] On peut désigner plus exactement notre plante comme <em>R. hirta</em> var<em>. pulcherrima</em> Farw. » Frère Marie-Victorin, <em>Flore laurentienne</em>, 1964, p. 593. <span id="more-1258"></span></p>
<p style="text-align: justify;"> « <em>Rudbeckia hirta</em> Linné, synonyme : <em>R. serotina</em> Nuttall. Genre dédié à Olof Rudbeck (1630-1702), botaniste suédois, fondateur du jardin botanique d’Uppsala : son fils Claus, également botaniste, fut un contemporain de Linné ; <em>hirta</em> : rude. Des Rudbeck, père et fils, on connaît l’édition, en 1701 et 1702, de deux volumes d’une flore qui devait en compter douze : le <em>Reliquiae Rudbeckianae</em>, regroupant 99 gravures sur bois des Rudbeck, fut édité en 1789 par les soins de sir J.E. Smith (acheteur de l’herbier de Linné et fondateur de la célèbre <em>Linnaean Society of London</em>). La rudbeckie hérissée est l’emblème du Maryland : dans le langage des fleurs, elle symbolise le changement. » Guide d’identification Fleurbec, <em>Plantes sauvages des villes, des champs et en bordure des chemins</em>, t. 2, p. 110.</p>
<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/rudbeck01.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1262" title="rudbeck01" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/rudbeck01-225x300.jpg" alt="" width="225" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Rudbeck l&#8217;Ancien</p>
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		<title>Vesce jargeau (Vicia cracca L.)</title>
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		<pubDate>Sat, 07 Aug 2010 22:31:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
				<category><![CDATA[les fleurs]]></category>
		<category><![CDATA[fleurs sauvages]]></category>
		<category><![CDATA[vesce jargeau]]></category>
		<category><![CDATA[Vicia cracca]]></category>

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		<description><![CDATA[Pointe de Yamachiche (été 2010) « Vicia cracca Linné. Nom latin classique des vesces, venant de vincio : je m’attache, allusion aux vrilles de ces plantes ; cracca : nom latin donné au jargeau par Ravinius (botaniste prélinnéen, 1652-1723) et repris par Linné &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/08/vesce-jargeau-vicia-cracca-l/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/vesce_jargeau_carnet.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1245" title="vesce_jargeau_carnet" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/vesce_jargeau_carnet-300x228.jpg" alt="" width="300" height="228" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Pointe de Yamachiche (été 2010)</p>
<p>« <strong>Vicia cracca</strong> Linné. Nom latin classique des vesces, venant de <em>vincio</em> : je m’attache, allusion aux vrilles de ces plantes ; <em>cracca</em> : nom latin donné au jargeau par Ravinius (botaniste prélinnéen, 1652-1723) et repris par Linné pour désigner cette espèce de vesce. L’origine et la signification de <em>cracca</em> sont incertaines : nom utilisé par Pline pour désigner la vesce jargeau (ou une espèce voisine) ou les graines de cette plante ; peut-être une forme altérée de <em>arachus</em>, ancien nom de la plante, venant lui-même du grec <em>arachos</em>, désignant une sorte de gesse (<em>Lathyrus</em>) ou de pois chiche (<em>Cicer</em>). » Guide d’identification Fleurbec, <em>Plantes sauvages des villes et des champs</em>, t. I, p. 114.</p>
<p> « Plante vivace à tiges (long. 50-200cm.) grimpant sur les autres herbes des prairies ; feuilles sessiles munies de vrilles rameuses ; folioles (long. 16-20 mm.) linéaires-oblongues ou linéaires ; stipules semi-sagittées, entières ; fleurs bleues ou violettes, nombreuses, s’ouvrant successivement de bas en haut, en grappes rarement plus courtes que les feuilles ; gousses (long. 25-55 mm.) linéaires oblongues, noirâtres à la maturité, contenant 5-8 graines. Floraison tout l’été. » Frère Marie-Victorin, <em>Flore laurentienne</em>, 1964, p. 349.</p>
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		<title>Épilobe à feuilles étroites (Epilobium angustifolium L.)</title>
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		<pubDate>Sun, 01 Aug 2010 22:58:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
				<category><![CDATA[les fleurs]]></category>
		<category><![CDATA[Épilobe à feuilles étroites]]></category>
		<category><![CDATA[Epilobium angustifolium]]></category>
		<category><![CDATA[fleurs sauvages]]></category>

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		<description><![CDATA[Pointe-du-Lac (été 2010) « Les paysages laurentiens, &#8212; qui malheureusement sont si souvent modelés par les feux de forêts, &#8212; n’ont rien de plus caractéristique que le grand développement de l’Épilobe à feuilles étroites. En plein été, toutes les étendues découvertes &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/08/epilobe-a-feuilles-etroites-epilobium-angustifolium-l/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/epilobe_feuilles_etroitesA.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1232" title="epilobe_feuilles_etroitesA" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/epilobe_feuilles_etroitesA-236x300.jpg" alt="" width="236" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Pointe-du-Lac (été 2010)</p>
<p style="text-align: justify;">« Les paysages laurentiens, &#8212; qui malheureusement sont si souvent modelés par les feux de forêts, &#8212; n’ont rien de plus caractéristique que le grand développement de l’Épilobe à feuilles étroites. En plein été, toutes les étendues découvertes et incultes sont animées par la riche couleur magenta des innombrables inflorescences, qu’accompagne en cette saison la blancheur également ubiquiste des Anaphales. […] La vie de la fleur individuelle dure environ  48 heures. Le premier jour, pendant que le style, recourbé en arrière, n’est pas encore réceptif, les anthères s’ouvrent et le pollen est porté par les insectes sur d’autres fleurs. Le second jour, le style s’est allongé et redressé, et il reçoit le pollen des fleurs plus jeunes. On voit que la fleur est protérandre à un degré qui interdit l’autofécondation. Les principaux visiteurs sont les Bourdons, qui dorment souvent sur les fleurs durant la nuit. » Frère Marie-Victorin, <em>Flore laurentienne</em>, 1964, p. 370.</p>
<p style="text-align: justify;"> « Elle défile comme une cascade colorée, composée de longues grappes allongées, ornée de fleurs à carnation magenta, qui contraste avec la blancheur des grands stigmates. Ses feuilles alternes, lancéolées, s’amenuisent vers le sommet et leur endos est plus pâle. Le tube calicinal des fleurs retient les pétales décorés d’étamines. » Lise et Pierre Daigle, <em>Les fleurs sauvages du Québec</em>, Broquet.</p>
<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/epilobe_feuilles_etroitesB.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1236" title="epilobe_feuilles_etroitesB" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/epilobe_feuilles_etroitesB-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
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		<title>Épilobe glanduleux (Epilobium glandulosum Lehm)</title>
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		<pubDate>Thu, 29 Jul 2010 22:38:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
				<category><![CDATA[les fleurs]]></category>
		<category><![CDATA[épilobe glanduleux]]></category>
		<category><![CDATA[epilobium glandulosum]]></category>
		<category><![CDATA[fleurs sauvages]]></category>

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		<description><![CDATA[Parc de la rivière Batiscan (été 2010) Autour de la région du golfe Saint-Laurent, on peut trouver environ 160 espèces d’épilobes. La photographie ci-haut représente, je crois, un épilobe glanduleux, mais je n’en suis pas certain. Le frère Marie-Victorin précise &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/07/epilobe-glanduleux-epilobium-glandulosum-lehm/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/epilobe_granuleuxA.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1221" title="epilobe_granuleuxA" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/epilobe_granuleuxA-300x219.jpg" alt="" width="300" height="219" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Parc de la rivière Batiscan (été 2010)</p>
<p style="text-align: justify;">Autour de la région du golfe Saint-Laurent, on peut trouver environ 160 espèces d’épilobes. La photographie ci-haut représente, je crois, un épilobe glanduleux, mais je n’en suis pas certain. Le frère Marie-Victorin précise d’ailleurs qu’il s’agit là d’une « espèce complexe qui est en réalité un groupe de formes étroitement apparentées. » (<em>Flore laurentienne</em>, 1964, p. 372) Particularité commune à tous les épilobes : le pistil se divise en quatre spirales à son extrémité.</p>
<p style="text-align: justify;"> « Cette grande vivace de 30 à 100 cm habite les lieux légèrement humides, parfois à l’orée d’un bois, le long des ruisseaux ou des fossés. La tige est parfois teintée de rouge et les feuilles oblongues sont légèrement dentées. […] On remarque sur chacun des quatre pétales une petite incision. Les petites fleurs sont situées au bout de longs réceptacles qui deviendront des capsules allongées contenant les graines. En fin de saison, les capsules s’ouvrent en cinq sections et laissent s’envoler les graines à aigrettes blanches. » Julie Boudreau et Michel Sokolyk, <em>Fleurs sauvages du Québec</em>.</p>
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		<title>Lis du Canada (Lilium canadense)</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Jul 2010 21:41:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
				<category><![CDATA[les fleurs]]></category>
		<category><![CDATA[fleurs sauvages]]></category>
		<category><![CDATA[Lilium canadense]]></category>
		<category><![CDATA[Lis du Canada]]></category>

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		<description><![CDATA[Pointe de Yamachiche (juillet 2010) La beauté, l’étrangeté de ces lis offusquent le regard : contrairement à la plupart des fleurs qui, tel le feu, pointent vers le haut, celles-ci, à l’image de la terre dont elles sont issues, s’éploient vers &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/07/lis-du-canada-lilium-canadense/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/lis_canada2_carnet.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1204" title="lis_canada2_carnet" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/lis_canada2_carnet-300x244.jpg" alt="" width="300" height="244" /></a></p>
<p style="text-align: center;">Pointe de Yamachiche (juillet 2010)</p>
<p>La beauté, l’étrangeté de ces lis offusquent le regard : contrairement à la plupart des fleurs qui, tel le feu, pointent vers le haut, celles-ci, à l’image de la terre dont elles sont issues, s’éploient vers le bas. Les éléments, le devenir, l’espace : comment le promeneur, placé là dans la nature, peut-il ne pas se perdre dans une délicieuse rêverie ? En juillet, en bordure du sentier qui mène à la Pointe de Yamachiche – ce paradis des ornithologues – elles font une brève apparition.</p>
<p> « Les fleurs jaunes ou orange, colorées par une pigmentation brune très apparente, sont inclinées au sommet de longs pédoncules. On peut comparer les étamines à des gros grelots de velours. Des feuilles lancéolées à nervures apparentes à l’endos, sont disposées en verticilles autour de la tige. » L. et P. Daigle, <em>Les Fleurs sauvages du Québec</em>.<span id="more-1203"></span></p>
<p> « Comme plante ornementale et emblématique, le lis rivalise avec la rose. “ Il est le roi des fleurs dont la rose est la reine ” (Boisjolin). Les fleurs majestueuses des lis proviennent d’un bulbe assez gros et profondément enfoui dans le sol. Avec de l’ammoniaque, les feuilles de lis teignent la laine mordancée à l’alun en vert. Contrairement aux lis eurasiens, qui se multiplient par bourgeonnement du bulbe principal, parfois par des bulbilles, le lis du canada forme des colonies par les ramifications d’un rhizome horizontal à croissance lente qui produit des bulbes annuels ; il forme peu de graines, les fleurs étant stériles pour la plupart. » Guide d’identification Fleurbec, <em>Plantes sauvages des villes, des champs et en bordure des chemin</em>s.</p>
<p> « Les espèces américaines du versant de l’Atlantique (<em>L. canadense, L. superbum, L. Grayi</em>) offrent dans leur portion souterraine une manière d’être et un mode de développement qui n’existent pas dans les espèces européennes et asiatiques. Dans ce groupe d’espèces américaines, en effet, le bulbe se rattache à un rhizome, et chaque année il se forme un nouveau bulbe sur une récente production horizontale de ce même rhizome. Ce rameau-rhizome n’a guère que 2-3 cm. de longueur. Dès son apparition, il plonge quelque peu dans le sol, se relève ensuite pour devenir horizontal et se redresse enfin à son extrémité pour former l’axe du nouveau bulbe et se continuer en nouvelle tige florifère. Dans toute sa longueur, le rameau-rhizome porte de petites écailles disposées en spirale, épaisses et charnues. Les premières écailles sont espacées ; vers l’extrémité distale de ce rameau souterrain bulbipare, elles se rapprochent en grandissant de plus en plus, et composent ainsi le nouveau bulbe. Pendant l’année, le vieux bulbe disparaîtra ; le rhizome horizontal deviendra libre de toute adhérence ; lui-même se désorganisera dans sa portion postérieure, tandis qu’un nouveau rameau-rhizome prendra naissance à la à la base du bulbe florifère, pour former à son extrémité un autre bulbe pour l’année suivante. Il se produit donc une succession de rameaux souterrains bulbifères, qui naissent en sympode les uns des autres, dont chacun a pour fonction fondamentale un bulbe annuel. Dans la plupart des Lis, au contraire, le bulbe n’est pas annuel ; il dure plusieurs années de suite, émettant chaque année, vers son centre, une nouvelle tige florifère entourée à sa base d’un certain nombre de feuilles nouvelles. Cette régénération à l’intérieur s’accompagne d’une dégénérescence à l’extérieur. – Les fleurs de <em>L. canadense</em> sont souvent stériles, en général une ou deux seulement mûrissent leurs capsules. Cette dégénérescence est sans doute due à l’extension facile du système souterrain qui propage l’espèce végétativement. Aussi, malgré cette stérilité relative, trouve-t-on généralement cette espèce en belles colonies. » Frère Marie-Victorin, é.c., <em>Flore laurentienne</em>, PUM, 1964, p. 658-659.</p>
<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/lis_canada_09.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1215" title="lis_canada_09" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/lis_canada_09-300x220.jpg" alt="" width="300" height="220" /></a></p>
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		<item>
		<title>Le parler vrai de l&#8217;écrivant</title>
		<link>http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/06/le-parler-vrai-de-lecrivant/</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 22:35:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
				<category><![CDATA[les livres]]></category>
		<category><![CDATA[François Taillandier ; langue autre dans la langue ; beau langage ; français classique]]></category>

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		<description><![CDATA[François Taillandier, romancier et essayiste, a signé un remarquable ouvrage sur la question de la langue intitulé La langue française au défi (Flammarion, 2009) : l&#8217;édition originale, parue en 2004, portait le titre plus expressif Une autre langue. L&#8217;auteur constate sans &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/06/le-parler-vrai-de-lecrivant/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/taillandier.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1124" title="taillandier" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/taillandier-189x300.jpg" alt="" width="189" height="300" /></a></p>
<p style="text-align: justify;">François Taillandier, romancier et essayiste, a signé un remarquable ouvrage sur la question de la langue intitulé <em>La langue française au défi</em> (Flammarion, 2009) : l&#8217;édition originale, parue en 2004, portait le titre plus expressif <em>Une autre langue</em>. L&#8217;auteur constate sans amertume que le français classique a cessé d&#8217;être une valeur forte dans la culture actuelle, en cherche les causes historiques et politiques, propose une défense et une illustration de cette langue devenue morte ou presque, et, enfin, expose ses idées sur les aspects de la tradition littéraire qui méritent d&#8217;être conservés.</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;entrée, il faut souligner l&#8217;aisance et la grâce avec lesquelles l&#8217;homme de lettres aborde cette matière à controverse. En effet, la question de notre rapport à la langue soulève les passions dès lors qu&#8217;elle touche à nos convictions esthétiques et politiques les plus profondes. Taillandier conserve toujours le calme propre à la méditation, ce qui ne l&#8217;empêche pas de manier l&#8217;humour et l&#8217;ironie avec beaucoup d&#8217;adresse. <span id="more-1123"></span>Sur cette question de notre rapport au code linguistique, quelle est bien la difficulté qui caractérise notre temps ? Elle consiste à réclamer de nous « pour en relever les défis, d&#8217;être à la fois conservateurs et modernes, de refuser à la fois la déploration, le discours de la catastrophe et l&#8217;approbation systématique du nouveau pour le nouveau » (p. 63). Il faut être conservateur, parce que les forces marchandes, en jouant sur l&#8217;attrait du nouveau, déstructurent la société et les individus ; parce que les élites dirigeantes ont baissé les bras devant la survalorisation du véhiculaire au détriment du patrimonial ; parce que le français classique est une langue <em>autre</em> qui mérite d&#8217;être conservée précisément en raison de son altérité. Mais, il faut également être moderne, car le « monde cassé » dans lequel nous vivons pourra être réparé seulement si nous comprenons ce qui anime et remue nos contemporains, en particulier la jeune génération.</p>
<p style="text-align: justify;">Taillandier écrit des pages absolument magnifiques sur le français classique comme <em>autre</em> langue dans la langue et c&#8217;est sur cette idée que ce billet se concentrera. Les mots, les expressions, les tournures syntaxiques de tous les jours nous enferment dans l&#8217;approximatif. Or, c&#8217;est par le truchement d&#8217;une « langue séparée » qu&#8217;un locuteur parvient à sortir de l&#8217;à-peu-près. Ce défaut de la langue spontanée ne résulte pas d&#8217;un manque de maîtrise, mais ressortit à la condition humaine : fait défaut à l&#8217;homme cette transparence à soi qui lui serait nécessaire pour produire un dire sans reste, parfaitement sincère et adéquat à son intention. « Ce que nous apprend la langue, c&#8217;est justement la rhétorique, la distance, le jeu, l&#8217;intention de sens cachée dans la forme [...]. » (p. 82) Ou bien des règles, fussent-elles capricieuses, et une parole accomplie ; ou bien le flux de la pure spontanéité et des grognements : telle est la redoutable alternative que pose à la conscience l&#8217;existence de la littérature. Le mythe, si prégnant à notre époque, d&#8217;une parole libérée de toute contrainte et puisant dans les profondeurs de l&#8217;âme relève tout simplement d&#8217;un « soimêmisme » qui débilite les arts et la culture.</p>
<p style="text-align: justify;">Voilà pourquoi le français classique, tel qu&#8217;illustré par Racine, reste pour nous de la plus haute importance : «  en instaurant cette tension extrême entre l&#8217;ordre du ressenti et l&#8217;ordre du parlé, cette distance inflexible entre le tumulte intérieur et la tenue de l&#8217;expression, la tragédie racinienne instaure un humanisme en actes, celui qui affirme et qui prouve la capacité de l&#8217;esprit humain à la maîtrise du sens dans le verbe » (p. 85). Ce possible ne se trouve ni dans un idiome véhiculaire de la communication des idées marchandises, ni dans une expression spontanée complètement déstructurée par les médias, dispositifs d&#8217;intoxication au service de la classe des mandarins qui instrumentalisent  la langue à des fins politiques. Ce qu&#8217;exige le discours exact, conscient de soi, porteur d&#8217;un universel, c&#8217;est la connaissance d&#8217;une langue <em>autre</em> que celle de tous les jours. Se transforme en écrivant celui qui perçoit l&#8217;altérité de sa propre langue ou qui se rapporte à son idiome quotidien comme à une langue étrangère.  </p>
<p style="text-align: justify;">S&#8217;il est permis de s&#8217;essayer à la dialectique, nous pourrions dire ceci : devient un artiste du langage celui qui dépasse l&#8217;immédiateté de la parole spontanée et qui s&#8217;établit dans sa langue sous la forme d&#8217;une réflexion réfléchissante et non d&#8217;un simple réflexe reflété. Seul un locuteur privé de la palette de ses mots usuels arrivera à rejoindre l&#8217;essence d&#8217;une élocution consciente de soi et par là littéraire. Le racinien, c&#8217;est le français même, car il réfléchit <em>son</em> <em>autre</em> (le latin et le parler commun) : après s&#8217;être perdue comme totalité insouciante ou en soi,  la langue quotidienne, une fois devenue « séparée et séparante », se retrouve pour soi dans la réflexion : dans son être même gît un autre et dans cet autre se manifeste son être. Le devenir artiste de l&#8217;écrivant se produit donc dans l&#8217;inquiétude et résulte d&#8217;une expérience de la négativité. Sans une projection néantisante hors de soi dans l&#8217;autre et un retour réfléchi à soi, l&#8217;expression demeure immédiate et, par suite, approximative. (Le refus de toute appropriation relève d&#8217;une vision angéliste des choses humaines.) L&#8217;exactitude exige de la discipline et l&#8217;assimilation des codes. Ce qui semble inessentiel à la conscience irréfléchie –- les nombreuses règles arbitraires, incohérentes, inutiles &#8211;, devient l&#8217;essentiel une fois réfléchies. Ces conventions forment l&#8217;essence du français classique, car cette langue ne peut s&#8217;apprendre que par leur connaissance, fort utile au demeurant, car la vie elle-même se déroule pour une bonne part de manière irrationnelle. Les codes hérités du passé introduisent une différence au coeur d&#8217;un français qui se distingue alors de lui-même non pas comme d&#8217;un autre qui se tiendrait à côté de lui dans un rapport purement extérieur, mais comme d&#8217;un autre qu&#8217;il porte en soi ; c&#8217;est par le moyen de cette séparation <em>interne</em> que se constitue sa détermination essentielle. Privée de ses notes inessentielles, l&#8217;essence demeure coupée de la manifestation, se réduit à un pur possible en attente d&#8217;actualisation, à une abstraction qui n&#8217;a l&#8217;air de rien. Pour le dire en un mot : c&#8217;est par la différence et son apparition dans l&#8217;inessentiel des règles que le beau langage trouve la déterminité de l&#8217;essence et de l&#8217;être là. La beauté porte en elle-même sa propre justification : il est dans l&#8217;être du beau que son être beau soit une raison d&#8217;être suffisante.</p>
<p style="text-align: justify;">Selon Taillandier, et sa démonstration emporte notre assentiment, c&#8217;est en raison même de son <em>éloignement</em> du parler des jeunes d&#8217;aujourd&#8217;hui que le français classique mérite d&#8217;être conservé dans l&#8217;enseignement. L&#8217;apprentissage du latin, la pratique des chefs-d&#8217;oeuvre classiques développent cette <em>conscience historique</em> qui fait si cruellement défaut aux élèves et sans laquelle ils demeurent rivés au seul présent incapables de toute distanciation. « Cette distance intérieure, <em>sonnant dans l&#8217;âme un creux toujours futur</em>, qu&#8217;instaurent la langue et son usage, est aussi la distance des siècles, le grand temporel » (p. 87). La place du latin et des auteurs classiques au secondaire trouve là sa raison d&#8217;être : les belles lettres constituent la voie royale pour comprendre « l&#8217;ancienneté de la langue », pour comprendre que la grandeur et la perfection sont imaginables. Ce retour à la tradition se veut un authentique progressisme en ce qu&#8217;il « considère que l&#8217;homme a besoin, pour accroître le champ de ses possibles et de sa conscience, de polarités distinctes et lointaines » (p. 88).</p>
<p style="text-align: justify;">D&#8217;aucuns estimeront que Taillandier verse à tort dans la nostalgie, mais ils font erreur sur la nature de ce sentiment qui ne consiste pas à regretter la perte d&#8217;un prétendu âge d&#8217;or disparu à jamais. L&#8217;auteur renvoie aux très belles pages que consacre Milan Kundera dans son roman <em>L&#8217;Ingratitude</em> à cette forme fondamentale de la tristesse. La nostalgie, en réalité, ressortit à la nature métaphysique de l&#8217;homme, car en elle « s&#8217;exprime la douleur de connaître le temps, source féconde de notre humanité » (p. 91). L&#8217;âme, toujours inquiète, espère un retour à son origine ; tant que dure son errance, tant qu&#8217;elle ne s&#8217;est pas retrouvée dans la conscience de soi, elle cherche désespérément la joie d&#8217;une libération qui reste sans cesse à venir. Si cet essai de François Taillandier mérite d&#8217;être lu et médité, c&#8217;est que la toute première étape de la désaliénation consiste en une appropriation réflexive de la sienne langue.  </p>
<p style="text-align: justify;"> </p>
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		<title>Parution/parturition de la forme</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Mar 2010 00:20:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[G.B., Pomme (crayon noir et blanc), 2010 La pratique amateur d&#8217;un art a toujours fait partie intégrante du cursus de l&#8217;humanisme classique. Il faut redécouvrir par soi-même la vérité de ce principe éducatif si l&#8217;on désire en comprendre la nécessité. Pour le &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/03/parutionparturition-de-la-forme/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/dessin4_B.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1106" title="dessin4_B" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/dessin4_B-300x220.jpg" alt="" width="300" height="220" /></a></p>
<p style="text-align: center;">G.B.,<em> Pomme</em> (crayon noir et blanc), 2010</p>
<p style="text-align: justify;">La pratique amateur d&#8217;un art a toujours fait partie intégrante du cursus de l&#8217;humanisme classique. Il faut redécouvrir par soi-même la vérité de ce principe éducatif si l&#8217;on désire en comprendre la nécessité. Pour le philosophe qui cherche à saisir la réalité du réel à partir de la notion de forme (<em>idea/eidos</em>), le dessin permet de faire des expériences favorables à la méditation. Regardez une pomme, vous ne verrez aucune hachure. Comment ce fatras, ce fouillis de traits, lors de l&#8217;exécution rapide du dessin plus haut, a-t-il pu se mettre à représenter un fruit et, ce, de façon <em>soudaine</em> et <em>imprévisible</em> ? Il y a eu, à coup sûr, incidence d&#8217;une forme &#8212; cherchée certes &#8211;, mais non pas produite de manière exercée, car l&#8217;amateur ne possède la maîtrise de ses moyens.  La forme est apparue, a été mise au monde, semble-t-il, grâce à <em>autre</em> chose que des hachures tracées par un crayon maladroit.</p>
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		<title>L&#8217;esprit de la métaphysique après Heidegger et Derrida</title>
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		<pubDate>Sat, 20 Feb 2010 16:20:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Toutes affaires cessantes, il faut se plonger dans l&#8217;étude du dernier livre de Pierre Aubenque intitulé Faut-il déconstruire la métaphysique ? (PUF, 2009). Il faut le lire cet ouvrage du très grand spécialiste d&#8217;Aristote pour une raison éminemment pratique : notre monde est le &#8230; <a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/index.php/2010/02/lesprit-de-la-metaphysique-apres-heidegger-et-derrida/">Continuer la lecture <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Toutes affaires cessantes, il faut se plonger dans l&#8217;étude du dernier livre de Pierre Aubenque intitulé <em>Faut-il déconstruire la métaphysique ?</em> (PUF, 2009). Il faut le lire cet ouvrage du très grand spécialiste d&#8217;Aristote pour une raison éminemment pratique : notre monde est le produit du travail souterrain de la métaphysique dans l&#8217;histoire : « Nous vivons aujourd&#8217;hui les effets négatifs et destructeurs de la métaphysique de la subjectivité, elle-même héritière de la métaphysique grecque. La métaphysique est responsable de la réduction de l&#8217;être à l&#8217;étant, de l&#8217;étantité à la représentabilité, de celle-ci à la calculabilité et à son corollaire, la disponibilité technique. Nous vivons aujourd&#8217;hui dans notre chair, à travers la domination planétaire des modes de pensée scientifico-techniques, l&#8217;oubli de l&#8217;être et ses conséquences : la perte du sens de la nature, la destruction de notre environnement vital, de notre <em>Lebenswelt</em>, et finalement la déshumanisation de l&#8217;homme en nous. » (p. 56-57)</p>
<p style="text-align: justify;">Sans aucune restriction, Pierre Aubenque souscrit à la lecture déconstructive de l&#8217;histoire de la métaphysique faite par Heidegger, il fait sienne la thèse selon laquelle l&#8217;être n&#8217;est pas pensé pour lui-même, mais est rabattu sur un Étant suprême . Et à ceux qui prétendent que les idées du penseur de l&#8217;être ne sont pas falsifiables, l&#8217;auteur du <em>Problème de l&#8217;être chez Aristote</em> n&#8217;a pas de peine à montrer que, de manière tout à fait indépendante, Étienne Gilson s&#8217;accorde avec cette lecture, car selon lui la métaphysique rate l&#8217;existence en la réduisant à l&#8217;essence. Faut-il déconstruire la métaphysique ? Oui, si le sens de l&#8217;être ou de l&#8217;existence nous préoccupe encore et si nous ne voulons pas traîner dans les ornières de la tradition. Ce petit livre, qui ne fait pas 100 pages, est trop riche en idées pour en donner ici ne serait-ce qu&#8217;un aperçu. Comprenons : il s&#8217;agit d&#8217;un ouvrage si utile qu&#8217;il faut l&#8217;apprendre par coeur. De manière impressionniste donc, voici quelques thèmes ayant retenu de prime abord mon attention.<span id="more-1054"></span></p>
<p style="text-align: justify;">Avant même que la métaphore de la déconstruction occupe le devant de la scène, Étienne Gilson, dans <em>L&#8217;Être et l&#8217;essence</em> (1948), avait repéré un tropisme qui détermine toute l&#8217;histoire de la métaphysique. En raison, non pas d&#8217;une faiblesse de l&#8217;esprit humain, mais bien d&#8217;une inclination naturelle, l&#8217;intellect n&#8217;arrive pas à penser l&#8217;être en lui-même ; constamment, dans l&#8217;histoire, l&#8217;entendement a rabattu l&#8217;existence sur l&#8217;essence. Dit autrement, la métaphysique réduit l&#8217;<em>esse</em> à l&#8217;<em>ens</em>. À la question de l&#8217;être de quelque chose, c&#8217;est-à-dire ce par quoi (<em>a quo</em>) quelque chose est,  les philosophes répondent en exhibant ce qu&#8217;est cette chose, un <em>quid</em>, une quiddité, une essence. Pierre Aubenque décrit ce fait de magnifique façon : «  L&#8217;histoire de la métaphysique repose sur cette immense substitution, sur ce <em>quiproquo</em> au sens propre du terme : prendre le <em>quid</em> pour le <em>quo</em>. » (p. 9) Au lieu de dire l&#8217;être, la métaphysique parle d&#8217;un étant premier : l&#8217;Idée de Bien, la Pensée de la pensée, l&#8217;Un, Dieu, l&#8217;ego transcendantal, etc. : « un <em>proton </em>[premier] arbitrairement désigné occupe une fonction fondatrice et médiatrice qui n&#8217;appartient en droit qu&#8217;à l&#8217;être lui-même » (p. 12).</p>
<p style="text-align: justify;">Aubenque fait voir très clairement que les analyses de Gilson correspondent à celles de Heidegger pour qui, en métaphysique, le projet d&#8217;élucidation du sens de l&#8217;être a constamment cédé le pas à la « monstration, l&#8217;exhibition d&#8217;un Étant primordial, exemplaire et fondateur » (p. 43). À la question : « qu&#8217;en est-il de l&#8217;être en tant qu&#8217;être ? », la philosophie première, en raison de sa structure, répond systématiquement à une autre question : « quel est, parmi les étants, l&#8217;étant le plus étant, celui qui, en vertu de son étantité ou de son essence éminente, est le fondement de la totalité de l&#8217;étant ? » (p. 43). Au lieu de se situer sur le plan <em>ontologique</em>, celui du sens verbal de l&#8217;être, l&#8217;entendement demeure sur le plan <em>ontique</em>, où l&#8217;être est entendu comme un substantif (avec un référent) ou un adjectif (<em>ens commune</em>).</p>
<p style="text-align: justify;">Si Gilson et Heidegger se rejoignent sur la question de l&#8217;oubli de l&#8217;être, ce dernier estime qu&#8217;il faut dépasser le langage de la métaphysique vers la poésie ou la mystique, alors que le premier croit que l&#8217;ontologie traditionnelle est réformable de l&#8217;intérieur. Autre différence : pour Gilson, l&#8217;histoire de la métaphysique est celle des diverses conceptions de l&#8217;être,  être qui demeure à l&#8217;extérieur de ces conceptions ; pour Heidegger, c&#8217;est l&#8217;être lui-même qui, tout en se voilant, se dévoile dans et par la métaphysique : l&#8217;être ad-vient dans son devenir comme <em>idea</em>, <em>ousia</em>, <em>Deus qua summum ens</em>, <em>cogitatio</em>, <em>Vorstellung</em>, technique.</p>
<p style="text-align: justify;">L&#8217;herméneutique heideggerienne des textes avance une proposition fondamentale parfaitement falsifiable : la métaphysique s&#8217;est développée selon le schème de l&#8217;onto-théo-logie. Aubenque donne une très éclairante description de cette structure profonde : « L&#8217;être de l&#8217;étant est ce qu&#8217;il y a de suprême pensable [...], à savoir l&#8217;essence, l&#8217;<em>ens objectum</em>, qui est ce qui se donne par définition à la représentation. L&#8217;Étant suprême, <em>summum ens</em>, Dieu [...] n&#8217;est que l&#8217;amplification maximale de l&#8217;<em>ens commune</em>, qui, [...] est le premier objet de l&#8217;entendement. Ce passage de l&#8217;étant en général à l&#8217;Étant suprême, lui-même entendu dès lors comme fondement, cause exemplaire et efficiente de l&#8217;étant en général, n&#8217;est possible que sous la condition de la réduction de l&#8217;être à l&#8217;étantité, de l&#8217;existence (qui excède la capacité de l&#8217;entendement) à l&#8217;essence (qui est le pensable par excellence). » (p. 67) Pour se convaincre que la thèse d&#8217;une structure onto-théo-logique de la métaphysique est réfutable, il suffit de lire « Saint Thomas d&#8217;Aquin et l&#8217;onto-théo-logie », article remarquable de subtilité et de finesse écrit par Jean-Luc Marion et repris dans <em>Dieu sans l&#8217;être</em> (PUF, 1991).</p>
<p style="text-align: justify;">Les analyses de Gilson et de Heidegger nous forcent à poser deux questions : 1) la métaphysique est-elle obligatoirement onto-théo-logique ? 2) la « déconstruction ouvre-t-elle la voie à une autre métaphysique ou à un autre que la métaphysique ? » (p. 20). Questions essentielles, car il y va du destin de la pensée humaine. Or, le spécialiste de la philosophie ancienne attire notre attention sur un possible dépassement de la métaphysique de l&#8217;intérieur même de la pensée aristotélicienne et néoplatonicienne (voir les chapitres II, III et VI). Par une critique très serrée de la doctrine de l&#8217;analogie de l&#8217;être, Aubenque montre que deux thèses d&#8217;Aristote peuvent induire la pensée à redécouvrir le propre de l&#8217;existence : 1) l&#8217;être ne se dit pas en un seul sens ; 2) l&#8217;être n&#8217;est pas un genre. La préposition <em>meta</em> dans le mot métaphysique peut signifier, non pas seulement « après » ou « au-dessus », mais bien « au-delà » : il faut chercher le sens de l&#8217;être par delà l&#8217;essence ou la déterminité. Certes chez Aristote, l&#8217;être est un <em>pros hen legomenon</em>, certes l&#8217;<em>ousia</em> représente l&#8217;unité focale des divers sens de l&#8217;être, « mais cette unité est recherchée, espérée, plutôt que véritablement donnée. » (p. 73). Pierre Aubenque va même jusqu&#8217;à écrire : « La polysémie de l&#8217;être exprime ce surgissement joyeux, cette exubérance d&#8217;accidentalité, qui empêche l&#8217;être de coïncider avec un seul de ses sens et de s&#8217;épuiser en lui. » (id.) </p>
<p style="text-align: justify;">La philosophie néoplatonicienne représente un autre moment du dépassement interne de la métaphysique par elle-même. Ce mouvement se caractérise par l&#8217;usage de la négation ou du discours apophatique. Plotin remet en cause l&#8217;ontologie traditionnelle de Platon et d&#8217;Aristote en situant l&#8217;Un au-delà du Bien et de l&#8217;être. Plotin échappe ainsi, semble-t-il, au tropisme de l&#8217;essentialisation puisque le Premier se voit dépourvu de toute détermination et, par conséquent, il ne saurait constituer une essence (<em>ousia</em>) :  « C&#8217;est par l&#8217;Un que tous les étants ont l&#8217;être. » Ce qui veut dire selon Aubenque : « c&#8217;est <em>par</em>  l&#8217;Un que tous les étants sont étants ; un étant est étant parce qu&#8217;il est un, et non pour une autre raison. » (p. 35) L&#8217;unité est la cause et la raison suffisante de l&#8217;étantité. Aussi, dire de l&#8217;Un qu&#8217;il est au-delà de l&#8217;essence ou de l&#8217;étantité, c&#8217;est dire qu&#8217;<em>il n&#8217;est pas</em> et c&#8217;est dans cette exacte mesure qu&#8217;il est antérieur à l&#8217;être. Tel serait le sens du discours apophatique : l&#8217;Un, dont nous discourons, ne peut échapper à la limitation dans laquelle l&#8217;enferme l&#8217;attribution d&#8217;un prédicat positif que par la négation de toute détermination. Par ce moyen, le néoplatonisme semble échapper à l&#8217;onto-théo-logie, car l&#8217;Un n&#8217;est pas cet Étant fondamental et fondateur qui donne l&#8217;être que parce qu&#8217;il est l&#8217;Étant suprême : « L&#8217;être est la trace (<em>hiknos</em>) de l&#8217;Un. Mais l&#8217;Un est lui-même trop ténu, trop vide pour laisser la moindre trace. L&#8217;être est la trace du rien, la trace sans génitif, sans fond et sans raison [...]. L&#8217;être n&#8217;est pas la trace d&#8217;une présence, mais il est la présence qui est la trace de l&#8217;Absent. » (p. 41)</p>
<p style="text-align: justify;">Trace : voilà un mot-clé chez Derrida. Cette entreprise de déconstruction de la métaphysique s&#8217;est voulue plus radicale que celle de Heidegger ;  Pierre Aubenque, en un véritable tour de force, brosse un tableau très clair de la pensée difficilement saisissable de l&#8217;auteur de la <em>Grammatologie</em>. On comprend mieux pourquoi le point de départ de cette pensée se trouve dans la linguistique structurale : en faisant abstraction du sujet parlant, la langue devient un système de signes qui renvoient les uns aux autres et non à un référent extra-linguistique. Ces signes sont dans des relations d&#8217;opposition et de différence. « Le trait de génie de Derrida est sans doute d&#8217;avoir réécrit l&#8217;histoire de la métaphysique à partir du “ concept ” de différence qui, à vrai dire, n&#8217;est pas un concept, mais sera le levier de la déconstruction. » (p. 68)  La célèbre « différance » a trois origines : 1) la différence ontologique entre l&#8217;être et l&#8217;étant ; 2) la différence structurale ; 3) « la notion néoplatonicienne de <em>diastasis</em>, qui est l&#8217;actif de <em>diastema</em> (intervalle, distance) : la <em>diastasis</em> est la production de l&#8217;intervalle, la distanciation, l&#8217;espacement, mais aussi le fait de temporiser, de différer une décision » (p. 60). P. Aubenque raconte, dans une note en bas de page (p. 60), une anecdote savoureuse : lors d&#8217;un entretien avec Heidegger en 1968, celui-ci se montra très intéressé par cette notion de différance. Il souhaita même faire la rencontre de Derrida en personne, ce qui jamais n&#8217;arriva !</p>
<p style="text-align: justify;">La différance n&#8217;<em>est pas</em> un principe, car elle fait éclater la présence à soi de la substance (son caractère d&#8217;être <em>kath&#8217;auto</em>, <em>per se</em>) ; 2) elle n&#8217;<em>est pas</em> une origine, car le réseau des signes forme un texte qui renvoie toujours à des signifiés et non à un signifié primordial (<em>arkhê</em>) : l&#8217;intuition originaire se trouve sans cesse différée, puisque le signe est lui-même présence différée. « À l&#8217;inverse, la métaphysique ferme, clôture la différence : différence de l&#8217;être et de l&#8217;étant, différance comme temporalisation extatique, différence comme condition de la signification. À la différence, elle substitue la présence d&#8217;un principe fondamental et substantiel : <em>ousia</em>, <em>parousia</em>, signifié transcendantal. Au <em>Dasein</em> extatique [...], elle superpose et finalement substitue la substantialité du sujet, <em>hypo-keimenon</em>, <em>sub-jectum</em>, possesseur de soi-même. » (p. 61)</p>
<p style="text-align: justify;">Si la déconstruction derridienne représente une tentative d&#8217;une extrême radicalité, elle cherche pourtant à subvertir la métaphysique à l&#8217;aide de ses propres concepts ; elle aboutit alors, selon Habermas, à une contradictionn performative. Dans les mots de P. Aubenque : « On ne peut critiquer la raison qu&#8217;à l&#8217;aide d&#8217;arguments rationnels, dont on conteste précisément la validité. On <em>fait</em> le contraire de ce que l&#8217;on <em>dit</em> : on se réclame de la raison dans la mesure où l&#8217;on donne des raisons, au moment même où, en paroles, on la déconstruit. » (p. 62)   Par suite, la déconstruction derridienne, en se voulant libérée de toute détermination, court droit à l&#8217;anarchie, c&#8217;est-à-dire « au règne du fortuit, de l&#8217;aléatoire » (p. 64).</p>
<p style="text-align: justify;">À la question : « faut-il déconstruire la métaphysique ? », la réponse est oui, car elle le fait depuis toujours : oui, cependant, à la manière de Plotin, Gilson, Heidegger ; non, à la façon de Derrida quand elle devient hyperbolique. Le discours apophatique ne peut avoir lieu que sur le plan du <em>logos</em>, horizon indépassable du sens et donc du sens de l&#8217;être. L&#8217;acquis définitif et décisif des déconstructions du XXe siècle consiste à ne pas réduire l&#8217;être à une essence ou à un sens univoque. C&#8217;est à la condition de viser par la négation un au-delà de la détermination, tout en demeurant dans le <em>logos</em>,  que la méta-physique retrouvera son esprit.</p>
<p style="text-align: justify;">Tout lecteur du livre de Pierre Aubenque lui saura un gré infini d&#8217;avoir offert généreusement au public une si profonde leçon d&#8217;herméneutique. </p>
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		<title>Épervière de Kalm (Hieracium canadense)</title>
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		<pubDate>Sat, 16 Jan 2010 23:54:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>gbeliveau</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><em><a href="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/Photo-001_edited-1.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-1047" title="épervière de kalm" src="http://gb.philo.cegeptr.qc.ca/wp-content/images/Photo-001_edited-1-300x224.jpg" alt="" width="300" height="224" /></a></em></p>
<p style="text-align: center;">Marais Léon-Provancher (automne 2009)</p>
<p style="text-align: justify;">Dans les guides d&#8217;identification consultés, on précise que les espèces du genre <em>Hieracium</em> sont si nombreuses, que même les botanistes avertis en perdent leur latin.  En me fiant à une photographie assez ressemblante trouvée dans le beau livre de Lise et Pierre Daigle, <em>Les fleurs sauvages du Québec</em> (Broquet, tome 2, p. 218),  je crois bien qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une épervière de Kalm, mais rien n&#8217;est moins sûr. Dans la <em>Flore laurentienne</em>, ouvrage classique s&#8217;il en est, le frère Marie-Victorin apporte d&#8217;utiles précisions :<span id="more-1045"></span></p>
<p style="text-align: justify;">« Ce genre [<em>Hieracium</em>], l&#8217;un des plus critiques de la flore générale, paraît être, à notre époque géologique, en crise de mutabilité. En Europe, le polymorphisme du genre est excessif, probablement à cause de la parthénogénèse qui se produit très fréquemment, et, pour cette raison, il est difficile de préciser le nombre des espèces, qui, néanmoins, n&#8217;est pas inférieur à 400. Le genre a des représentants dans toutes les contrées du globe, mais c&#8217;est par excellence un genre européen, avec centre de dispersion dans les grandes Alpes. Il ne semble pas que nos espèces indigènes, ni les espèces européennes naturalisées dans la vallée du Saint-Laurent, &#8212; quelques-unes depuis longtemps , &#8212; soient affectées par cet ébranlement géologique qui détermine, dans certaines conditions de temps et d&#8217;espace, les crises de mutabilité. Ce cas est absolument l&#8217;inverse de ce qui se passe pour le genre Aubépine (<em>Crataegus</em>), lequel, stable en Europe, est biologiquement affolé en Amérique. [...] Le nom générique <em>Hieracium</em> signifie : épervier ; l&#8217;antiquité croyait que les éperviers se servaient des sucs de ces plantes pour guérir les yeux obscurcis [...]. »</p>
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